
- Mesdames et Messieurs les acteurs de la santé des Etats membres de la Communauté
Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ;
- Mesdames et Messieurs les Partenaires du secteur de la santé ;
- Chers praticiens et défenseurs de la Médecine Traditionnelle ;
- Chers citoyens des pays membres de la CEDEAO ;
- Mesdames et Messieurs ;
Aujourd’hui, la CEDEAO se joint au monde entier pour célébrer la Journée africaine de la médecine traditionnelle. C'est l'occasion de reconnaître et de réaffirmer notre engagement envers cet aspect vital de notre héritage africain en matière de santé.
Dans le contexte actuel marqué par des crises sanitaires répétées, des problèmes d'approvisionnement en médicaments, des inégalités d'accès aux soins et une diminution des ressources, notre continent africain doit absolument valoriser ses propres atouts.
Le thème choisi pour la commémoration de la 23e Journée Africaine de la Médecine Traditionnelle : « Renforcer la base factuelle sur la médecine traditionnelle » est un appel à l'action et une invite à franchir une étape décisive : celle de la rigueur scientifique appliquée à nos savoirs traditionnels.
Nos connaissances traditionnelles en matière de santé regorgent de solutions thérapeutiques en produits comme en pratiques enracinées dans nos cultures, transmises de génération en génération. Mais pour qu’elles soient pleinement intégrées dans nos systèmes de santé, elles doivent aussi répondre aux exigences de sécurité, d’efficacité et de qualité. Il urge donc pour assurer la reconnaissance et l’intégration de la Médecine Traditionnelle Africaine dans nos systèmes de santé d’œuvrer pour la structuration de politiques nationales, la promotion de la recherche, et la mise en place de mécanismes de validation des pratiques et produits traditionnels par une approche rigoureuse, fondée sur des preuves scientifiques.
Mesdames et Messieurs,
Le renforcement de la base de données probantes sur la médecine traditionnelle constitue une priorité stratégique pour l’Organisation Ouest Africaine de la Santé. Il s’agit d’établir des protocoles d’évaluation de créer des registres régionaux, et de favoriser les partenariats entre chercheurs, universités et praticiens de la Médecine Traditionnelle.
L’objectif est clair et bien défini : générer des données fiables, reproductibles et accessibles. Au- delà de la sauvegarde de nos connaissances médicales ancestrales, il nous faut passer d’une approche empirique à une démarche systématique, fondée sur des méthodologies validées : essais cliniques, pharmacovigilance, standardisation des extraits, et documentation des résultats thérapeutiques. Cette orientation implique :
- l’investissement dans la recherche scientifique sur la médecine traditionnelle africaine, à travers l’étude des pratiques, des produits et des protocoles issus de nos connaissances locales ;
- la valorisation et l'utilisation des pratiques traditionnelles qui ont fait leurs preuves, en particulier pour les pathologies bien définies où la médecine moderne a montré ses limites ;
- la garantie de la qualité et la sécurité des produits dérivés de nos plantes médicinales ;
- la protection des droits des praticiens de la médecine traditionnelle ainsi que la préservation de la biodiversité.
Ainsi, l'intégration structurée de la médecine traditionnelle dans les politiques nationales de santé sera plus homogène dans l'espace CEDEAO. Tout en saluant les efforts déjà entrepris par plusieurs États membres de la CEDEAO, je nous encourage à aller plus loin.
En ce jour symbolique, je lance donc un appel aux États membres pour :
- le développement et le renforcement de politiques nationales fondées sur des données probantes ;
- l’accélération des efforts de recherche et de validation scientifique sur les plantes médicinales et les pratiques traditionnelles à travers le soutien aux instituts nationaux, aux universités et aux centres de recherche spécialisés ;
- le soutien aux essais cliniques sur les remèdes locaux afin d'établir des cadres juridiques favorables à l'intégration de ces connaissances dans les politiques nationales de santé ;
- la promotion d’une recherche interdisciplinaire qui respecte les savoirs autochtones et conforme aux exigences scientifiques ;
- la création de liens solides entre la médecine moderne et la médecine traditionnelle, par la collaboration et le dialogue entre chercheurs, praticiens de la médecine traditionnelle et les professionnels de la santé ;
- La protection des savoirs traditionnels grâce à des mécanismes harmonisés de propriété intellectuelle adaptés et équitables ;
- l'innovation locale, notamment par le soutien au développement de médicaments à base de plantes sûrs, efficaces et accessibles ;
- l’utilisation des connaissances traditionnelles pour développer de nouveaux remèdes et traitements innovants.
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L'OOAS réaffirme son engagement à accompagner les États membres dans cette transformation essentielle. L'Organisation continuera à travailler pour une intégration stratégique, progressive et durable de la médecine africaine dans les systèmes de santé nationaux.
« Ensemble, en combinant une recherche rigoureuse, une volonté politique et le respect de nos traditions, nous pouvons construire une médecine africaine forte, crédible et pleinement reconnue. Elle n'est pas un vestige du passé, mais une voie d'avenir, un élément essentiel de notre résilience sanitaire et un puissant levier pour atteindre la Couverture Sanitaire Universelle dans notre région. »
La 23ème Journée Africaine de la Médecine Traditionnelle (JAMT 2025) est une opportunité
stratégique pour replacer les savoirs locaux au cœur des politiques de santé publique.
Vive la médecine traditionnelle africaine au service de la santé des populations ! Bonne célébration à toutes et à tous.
Je vous remercie !
Dr Melchior Athanase J. C. AÏSSI
Directeur Général
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